Renvoyé du gouvernement, Castaner obtient son lot de consolation

C’est donc Christophe Castaner, candidat de l’Élysée, qui a été élu président du groupe parlementaire de la République en marche. L’ancien ministre de l’Intérieur l’emporte sur Aurore Bergé avec 25 voix d’avance. 273 députés sur 276 ont pris part au vote.

Un score modeste. Apparemment, la perspective de faire de la majorité un « partenaire » de l’exécutif n’enthousiasme pas outre mesure le groupe. Dimanche dernier, Castaner s’exprimait ainsi dans Le Journal du dimanche :

Le groupe majoritaire a été élu avec le Président, pas en défiance vis-à-vis de lui. Il est une force au service du projet présidentiel, pleinement dans la majorité, ouvert dans le dialogue mais ferme dans ses positions. Certains plaident pour l’autonomie, je crois plutôt au partenariat.

Près d’une quarantaine de députés ont quitté le groupe

On sait ce qu’il en coûte. A force de jouer les godillots, le groupe est passé de 314 membres en 2017 à 279 aujourd’hui (en comptant les 3 apparentés).

Au premier tour, Christophe Castaner avait recueilli 97 voix contre 71 à Aurore Bergé qui, elle, prônait une plus grande autonomie du groupe. Dans les colonnes du Journal du dimanche, elle déclarait :

« Nous devons être un aiguillon pour le gouvernement. Parce que c’est nous qui sommes à portée d’engueulade de nos ­concitoyens.(…)  Nous ne voulons pas signer de chèque en blanc au gouvernement « .

Mais voilà, Bergé vient de la droite et parmi les macronistes du Palais Bourbon, on nourrit toujours quelques soupçons sur sa loyauté.

Rugy grand perdant

Candidat également, François de Rugy, ancien président de l’Assemblée nationale a obtenu 59 voix au 1er tour. Le souvenir qu’il a laissé à ses collègues semble assez contrasté.

Arrivé en 3e position, De Rugy a déclaré qu’il voterait à titre personnel pour Bergé. Cela n’a pas suffi.

Comme le faisait remarquer certains de ses détracteurs, cette déclaration avait un côté savoureux. Voir un ancien candidat à la primaire socialiste de 2017 soutenir une juppéiste pour barrer la route à un ancien socialiste est en effet un moment rare en politique.