Combien vaudra le point de retraite ?

La commission spéciale de l’Assemblée n’est donc pas parvenue à terminer l’examen des 22 000 amendements du projet de loi réformant les retraites.

Cela n’était jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République. Les députés de la France insoumise épaulés par le PS et le PC ont atteint leur objectif qui était de retarder au maximum les débats.

Pourtant, il serait faux de croire que les séances de la commission spéciale se sont résumées à une guérilla stérile.

Débat de qualité

De l’aveu même d’Olivier Véran, député LaREM et corapporteur du projet de loi sur les retraites, le débat a été de qualité.

« On n’a pas perdu du temps, parce qu’on a eu des débats de fond. Non seulement on a débattu de tous les aspects de la loi, mais on a débattu parfois 15 ou 20 fois des mêmes aspects. Moi, je ne regrette pas du tout le travail qui a été fait en commission. Je regrette qu’on n’ait pas pu mener le travail à son terme. »

Une appréciation à laquelle Jean-Luc Mélenchon a fait écho, aussi surprenant que cela puisse paraître.

« Je veux donner acte du fait que, nonobstant ces circonstances, nous avons vu dans cette commission un débat de haut niveau qui n’a pas été une simple répétition des mêmes arguments sans fin. »

Pourquoi cette unanimité ? Eh bien, les discussions ont permis de déblayer le terrain autour de la question clé de cette réforme : la valeur du point.

Un indicateur qui n’existe pas

On a ainsi appris dans la discussion que ce dernier ne serait pas indexé sur les salaires, mais sur un indice qui n’existe pas encore : le revenu moyen par tête. Ce nouvel indicateur doit agréger les salaires, les revenus des indépendants et le traitement des fonctionnaires. C’est le gouvernement qui va le construire, à charge pour l’INSEE de faire les calculs selon les règles indiquées.

Côté indépendance, on est donc loin du compte, puisque l’exécutif pourra changer le mode de calcul du revenu moyen en fonction du contexte.