Congé pour le deuil d’un enfant : la bourde du gouvernement

Au point de départ, une proposition de loi du député UDI Guy Bricout qui propose de porter de 5 à 12 jours le congé accordé aux parents confrontés à cette cruelle épreuve.

Qui pourrait être contre ? C’était le sentiment de François Ruffin lors de la discussion de ce texte, jeudi dernier, dans l’hémicycle.

« Je pensais que ça passerait comme une lettre à la poste et qu’il n’y aurait pas de divisions sur ces bancs, qu’il n’y aurait pas de droite, qu’il n’y aurait pas de gauche, qu’il n’y aurait pas de majorité, qu’il n’y aurait pas d’opposition ».

Qui va payer ?

Mais voilà, le gouvernement s’est opposé à cette proposition. Avec cet argument, martelé par la ministre du travail Muriel Pénicaud

« Est-ce que c’est normal que ce soit la petite entreprise qui paye ça à 100 % et pas la solidarité nationale ? C’est ça le sujet. »

De son côté, la députée LaREM du Var, Sereine Mauborgne a estimé que :

« La proposition de loi qui nous est faite, ce n’est pas de la générosité. Quand on s’achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c’est quand même un peu facile. »

La proposition de loi a été rejetée par 40 voix contre 38.

Députés inhumains

Cette attitude a provoqué un tonnerre de protestations. Au point qu’Emmanuel Macron lui-même est descendu de l’Olympe, le week-end dernier, pour enjoindre à ses disciples de faire preuve de davantage d’humanité. Ils auraient même été traités de cons dans les couloirs du palais présidentiel.

Mardi, la réunion du groupe parlementaire LaREM a tourné à la grande lessive. Jean-François Cesarini, député LaREM du Vaucluse raconte :

Les députés ont voulu laver leur honneur et beaucoup sont montés au créneau pour dire :  » Excusez-nous, mais les députés En marche qui seraient inhumains qui n’auraient aucun sens politique, qui seraient des imbéciles, c’est un scénario qu’on n’accepte pas. Vous nous avez dit de voter contre, on a voté contre. C’est inacceptable de nous faire porter le chapeau. Et politiquement, c’est une catastrophe. « 

Dans les couloirs, on affirmait que l’exécutif devrait réparer cette bourde à l’occasion de la seconde lecture.