Congé pour la perte d’un enfant : le gouvernement fait volte-face

On se souvient du tollé qu’avait provoqué, la semaine dernière, l’affaire du congé pour le deuil d’un enfant.

Le gouvernement et les députés de la majorité avaient refusé de porter ce congé de 5 à 12 jours comme le prévoyait une proposition de loi du député UDI Guy Bricout. Motif, cela aurait coûté trop cher aux entreprises.

Le chef de l’État était alors intervenu, demandant à ses troupes de faire preuve d’humanité.

Ce qui a déclenché une crise au sein du groupe parlementaire, nombre d’élus n’acceptant pas de se faire remonter les bretelles alors qu’ils n’ont fait qu’observer la discipline de groupe.

Convocation à l’Élysée

Pour stopper la bronca, Emmanuel Macron et le président du groupe, Gilles Le Gendre ont organisé mardi soir une rencontre à l’Élysée avec les 320 députés appartenant ou ayant appartenu à la République en marche.

Devant les journalistes, Gilles Le Gendre a tenté de minorer la crise : « L’épisode du congé deuil pour enfant n’a eu comme effet que d’accélérer une décision qui était déjà prise, à savoir de pouvoir rencontrer le chef de l’État. On a considéré que le moment était venu et que ça tombait bien à ce moment-là. C’est tout.

Mais le moment le plus spectaculaire de ce revirement reste la repentance des marcheurs dans l’hémicycle lors des questions au gouvernement.

Trois semaines

C’est le député de Paris, Mounir Mahjoubi, qui a été chargé de recoller les morceaux.

« Monsieur Bricout, je vous présente mes excuses si parfois j’ai pu être dur à votre sujet. (…) Nous avons fait 6 propositions. L’une d’elles, c’est ce répit pour deuil de 3 semaines, ouvert à tous les salariés, quel que soit leur statut. J’appelle tous mes collègues, sur tous les bancs, à soutenir ces propositions. »

Propositions que la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a appelé, de son côté, à « finaliser en commun » à l’Assemblée et au Sénat.

La proposition de loi refusée par la majorité doit maintenant être examinée par le Sénat. Le gouvernement et les sénateurs de LaREM devraient amender le texte afin d’allonger la durée du congé.