Allongement du délai pour l’IVG : le gouvernement embarrassé

Pour nouveau qu’il soit, le groupe parlementaire Écologie démocratie solidarité (EDS) est loin d’être novice en politique. À l’occasion de sa niche parlementaire, jeudi 8 octobre, il va contraindre l’hémicycle à se positionner sur l’allongement du délai pour avorter. Un sujet inflammable.

La députée EDS Albane Gaillot va défendre une proposition de loi qui porte de 12 à 14 semaines le délai légal pour accéder à l’interruption volontaire de grossesse. Le texte supprime également la clause de conscience spécifique à l’IVG pour les médecins qui ne veulent pas pratiquer d’avortements.

Le gouvernement hostile à un allongement

Lors de l’examen en commission, le gouvernement s’est prononcé contre le texte. Olivier Véran, le ministre de la Santé, a saisi le Comité national consultatif d’éthique dans le secret espoir de ralentir l’examen de la proposition de loi. Mais le groupe EDS l’a pris de vitesse en utilisant sa niche, cette séance mensuelle où les députés d’un groupe sont maîtres de l’ordre du jour et peuvent donc soumettre au débat les propositions de loi qu’ils ont rédigées.

Si le gouvernement se montre hostile, c’est parce qu’il craint les réactions d’une droite qui, traditionnellement, sur ces questions, se montre très conservatrice, empreinte catholique oblige.

Les députés de majorité favorables

Mais l’exécutif ne peut s’opposer frontalement à la proposition de loi du groupe EDS. La majorité des députés de LaREM est plutôt favorable à un allongement du délai pour recourir à l’IVG. Et, surtout, ce serait aller à rebours de l’image de modernité sociétale qu’entend afficher la majorité présidentielle.

On estime que, chaque année, 3 000 femmes partent avorter à l’étranger, parce qu’elles ont dépassé le délai actuellement en vigueur.