Édouard Philippe : un mauvais signal pour la transition énergétique

Tour Areva La Défense ©DR

Le choix d’Édouard Philippe pour Matignon est un très mauvais signal pour la transition énergétique. Avec lui, c’est un lobbyiste du nucléaire qui prend la tête du gouvernement. De 2007 à 2010, Édouard Philippe a été le directeur de la communication et des affaires publiques d’Areva – tout en étant adjoint au maire du Havre. À ce poste, il va notamment établir des passerelles entre les parlementaires ayant des liens avec le Niger et le groupe Français. Areva est en effet présente dans le nord de ce pays, près d’Arlit où elle exploite deux sites de production d’uranium et projette d’en ouvrir un troisième. Autant dire que les relations de la France avec ce pays et la situation politique de celui-ci sont l’objet de toutes les attentions.

Les populations Touareg de la région font les frais de la présence d’Areva. Nappes d’eau contaminées ou asséchées par les installations minières, sols rendus impropres à l’agriculture et répression lors des soulèvements successifs. Un désastre sanitaire et politique qui n’interpellera jamais le groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée nationale. Il est vrai que son président, Marc Vampa, député de l’Eure, a un excellent contact chez Areva : Édouard Philippe.

À ces convictions pronucléaires, il faut encore ajouter une complète indifférence environnementale : Édouard Philippe n’a pas voté les deux lois phares du quinquennat précédent en la matière : la loi sur la biodiversité et la loi sur la transition énergétique. Certes, il n’est pas le seul, puisque l’ensemble des députés LR n’ont pas voté les textes. On peut cependant s’interroger sur la volonté du nouveau Premier ministre d’atteindre les objectifs prévus par ces lois. Et, en particulier la réduction de la part du nucléaire à 50 % d’ici 2025. Selon la Cour des comptes, il faudrait fermer l’équivalent de 17 à 20 réacteurs sur 
les 58 du parc actuel. Fermetures qui devraient donc être lancées au cours de ce quinquennat.

On n’en prend pas le chemin comme le reconnaissait Emmanuel Macron, deux jours avant le second tour alors qu’il était interrogé par la rédaction de Mediapart : « Aujourd’hui, si l’on fait juste ce qui est engagé, on n’arrive pas à 50 % de nucléaire en 2025 ». Au mieux, en effet, la centrale de Fessenheim s’arrêtera en 2019, à condition que l’EPR de Flamanville soit raccordé au réseau.

Faut-il alors suivre le directeur financier d’EDF, Xavier Girre, qui, sans être démenti, expliquait le 9 mai que l’engagement du nouveau président de la République portait  « sur le long terme, et pas précisément à l’horizon de 2025 » ? C’est à craindre en effet. L’urgence écologique ne fait tout simplement pas partie des préoccupations de la nouvelle équipe au pouvoir.

 

 

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