Le groupe écologiste de l’Assemblée disparaît

Écologie démocratie solidarité (EDS), c’est fini. Le groupe parlementaire écologiste, constitué il y a cinq mois autour d’un noyau de députés en rupture de ban avec La République en marche, n’a pas survécu au départ d’une de ses membres, la députée du Nord Jennifer de Temmerman.

Trois députés perdus en cinq mois

En rejoignant le groupe parlementaire Libertés et territoires, Jennifer de Temmerman a fait tomber l’effectif à 14 membres. Or le règlement de l’Assemblée nationale est formel : il faut quinze députés pour former un groupe. À sa création, le groupe comptait 17 députés…

Dans un entretien accordé au Figaro ce 16 octobre, la députée Jennifer de Temmerman expose les raisons son départ :

J’ai participé dès le début à la création de ce groupe. Il devait permettre une alliance des centristes et des modérés. Aujourd’hui la centriste que je suis ne se reconnaît plus dans le chemin pris par le groupe, dorénavant étiqueté à gauche.

À cet ancrage politique, Jennifer de Temmerman rajoute des griefs plus personnels contre le principal animateur du groupe, Matthieu Orphelin :

On est en train de s’enfermer dans une écologie du buzz et on fait passer le pragmatisme après. Récemment, j’ai voté contre la loi sur le retour des néonicotinoïdes comme l’ensemble du groupe EDS. Mais la première réaction de Matthieu Orphelin a été de dénoncer les collègues qui ont voté pour la loi. Ça ne fait pas avancer les débats ! Peut-être a-t-il l’intention de se faire investir par les Verts en 2022.

Cous d’éclat à répétition

La critique pourra sembler injuste. Pour exister à l’Assemblée nationale, un groupe parlementaire minoritaire est contraint de multiplier les coups d’éclat. En ce domaine, le groupe EDS s’est montré plutôt adroit.

Pas plus tard que la semaine passée, à l’occasion de sa niche parlementaire, EDS a fait adopter en première lecture une proposition de loi allongeant le délai pour recourir à l’IVG de 10 à 12 semaines. Et il s’en est fallu de peu pour qu’il parvienne à faire adopter une proposition de loi en faveur du bien-être animal.

Les députés EDS se sont également montrés très actifs à l’occasion du projet de loi autorisant le retour des néonicotinoïdes pour protéger la filière betteravière. On les a également entendus protester contre la faiblesse des contreparties environnementales et sociales réclamées aux entreprises en échange des aides gouvernementales.

C’est la deuxième fois qu’un groupe parlementaire écologiste disparaît en cours de mandature. En mai 2016, sous le mandat de François Hollande, le groupe des députés Europe écologie les Verts avait volé en éclat après le départ de six de ses membres (dont François de Rugy). L’incapacité chronique des écologistes à se rassembler semble se confirmer.