Les verts sommés par Jadot de choisir leur candidat à la présidentielle

Yannick Jadot veut accélérer la désignation du candidat des verts à la présidentielle de 2022 pour assurer ses chances d’être choisi par les militants ©Horizon durable

Qui sera le candidat d’Europe écologie les verts à la présidentielle de 2022 ? La question s’est invitée brutalement dans les rangs de l’organisation écologiste à l’occasion de ses journées d’été à Pantin du 20 au 22 août.

Yannick Jadot, le chef de file des députés européens de EELV ne fait pas mystère qu’il aimerait être ce candidat. Poussant son avantage, il indiquait, la semaine passée dans Libération, qu’il souhaitait que la désignation intervienne avant le mois de janvier 2021, via une consultation interne.

D’abord les régionales, ensuite la présidentielle

Mais la proposition n’a pas déchaîné l’enthousiasme de ses camarades. Julien Bayou, le secrétaire national, préfère préparer les élections régionales de mars 2021 avant de se tourner vers la présidentielle.

L’eurodéputé David Cormand, un des poids lourds de l’organisation écologiste plaide pour la rédaction préalable d’un programme avant de choisir celui qui le défendra.

Quoi qu’il en soit, les cadres du parti devraient évoquer la question les 19 et 20 septembre prochains lors d’un conseil fédéral.

Quelle mouche a donc piqué Jadot de vouloir ainsi précipiter les choses ? L’explication est à rechercher dans la notoriété grandissante du maire de Grenoble Éric Piolle qui, lui aussi, nourrit des ambitions nationales.

Éric Piolle tisse sa toile

Réélu avec plus de 53 % des voix, fort du soutien de la France insoumise et du PC, l’élu isérois est partout. On l’a vu à Tours, en juillet, s’afficher aux côtés d’Anne Hidalgo, la maire de Paris, pour jeter les jalons d’un réseau des villes qui veulent accélérer la transition écologique. Puis à Chateauneuf-sur-Isère, il y a une semaine pour échanger avec Jean-Luc Mélenchon à l’occasion des amphis d’été de la France insoumise. Le maire de Grenoble a proposé que EELV et la FI nouent des alliances pour les prochaines élections régionales.

Une stratégie qui inquiète Yannick Jadot. Car si elle se révélait gagnante, elle installerait Éric Piolle en rival sérieux pour la présidentielle. Yannick Jadot fait donc le forcing pour être désigné avant les régionales.

La France insoumise se frotte les mains

Du côté de la France insoumise – que Yannick Jadot aimerait bien marginaliser – on lorgne avec gourmandise cette course à l’échalote. Car EELV est tiraillée une fois encore entre plusieurs courants. Une aile libérale incarnée par Jadot, un courant social emmené par Piolle et une mouvance décroissante – à des degrés divers – autour de Julien Bayou.

Ces trois sensibilités pourront-elles cohabiter jusqu’en 2022 ? Ce n’est pas certain. Yannick Jadot, s’il parvenait à se faire désigner candidat de son parti, pourrait bien n’être soutenu, en définitive, que par une partie de celui-ci. Ce qui ruinerait ses chances. Une perspective qui ne déplairait pas au probable candidat Jean-Luc Mélenchon.