Les installations du cimentier Lafarge indésirables à Paris

La concession Lafarge expirait en 2017. Mais elle a été renouvelée. ©Horizon durable

À Paris, sous le pont Mirabeau, coule la Seine. Et sur le quai rive gauche, le béton du groupe Lafarge-Holcim. Le cimentier s’est installé à cet endroit en 1964 pour fabriquer et livrer plus rapidement le béton aux chantiers de la capitale. À l’époque, le quartier n’était qu’une zone industrielle où trônaient les usines Citroën.

Mais depuis, la gentrification est passée par là. Et les nuisances de l’installation ne sont vraiment pas du goût des riverains.

Dominique Sauret-Velle, la présidente de l’association RivJavel dénonce pêle-mêle le bruit des pelleteuses, celui du moteur du malaxeur qui sert à fabriquer le béton, la poussière soulevée par les transvasements du sable et les camions toupie

« C’est une ronde incessante. Ils doivent livrer le béton dans un délai maximum d’une heure trente. Ils congestionnent la circulation alentour. D’autant que s’ajoute à ce trafic celui des camions de livraison des matériaux et des adjuvants. »

Rejets dans la Seine

Désagrément supplémentaire : le lavage des camions.

« Ils sont lavés avec l’eau de la Seine et cette eau est rejetée dans la Seine », souligne Dominique Sauret-Velle.

A l’appui de leurs dires, les membres de l’association ont pris plusieurs photos.

 

©RivJavel

Concession prolongée

La concession expirait en 2017. Mais en novembre de cette année-là, la maire de Paris, Anne Hidalgo a en effet accordé un permis de construire qui prévoit l’installation d’un second malaxeur à béton sur le quai. Et, dans la foulée, la concession a été prolongée.

Ce qui scandalise Danielle Simonnet, élue de la France insoumise au Conseil de Paris :

« Port de Paris, la mairie de Paris et la préfecture ont accordé à la centrale à béton Lafarge de Javel un renouvellement de concession pour 20 ans, un permis de construire pour doubler sa production et toutes les dérogations environnementales et de sécurité qui l’empêchaient. Y a-t-il eu le moindre débat au sein du Conseil de Paris ? Non. »

L’élue a tenté de remettre en cause ces autorisations.

« J’ai déposé un vœu pour que la ville de Paris remette en cause son permis de construire. Au mois de juin dernier, le Conseil de Paris a dit, ‘ce n’est pas notre faute. C’est Ports de Paris et la préfecture qui sont responsables. On va tout faire pour annuler’. ».

Mais, depuis, les travaux d’extension ont commencé. Et la ronde des camions se poursuit.