Les macronistes déçus lancent leur parti

La Macronie n’en finit pas de s‘émietter. Les députés Aurélien Taché et Émilie Carriou, qui ont quitté La République en marche au printemps 2020, ont officialisé, mercredi 16 décembre, la création d’une nouvelle formation politique. Baptisée Les nouveaux démocrates, elle prend le relais du collectif  #Nous demain lancé au début de l’été dernier par les mêmes députés.

Sur le site de #Nous demain, le positionnement du nouveau parti est précisé en ces termes :

Nous nous situons résolument dans le champ de la gauche humaniste, des démocrates convaincus effrayés chaque jour davantage devant les coups de boutoir d’une dérive autoritaire qui ne fera que le jeu des extrêmes, pour l’égalité, la justice sociale et les solidarités.

En revanche le site des Nouveaux démocrates ne fait plus référence à la gauche. Mais la condamnation de l’action de l’exécutif est sévère

Nous devons désormais nous battre pour défendre ce que nous pensions acquis, ce qui imprégnait nos vies : la démocratie et l’État de droit (…) Le pouvoir prétend garantir l’ordre ; il crée les conditions du désordre. Que fait-il pour rassurer ceux qui s’inquiètent ? Le pouvoir promet la sûreté d’une main ; mais il insécurise de l’autre. Il durcit l’accès aux allocations-chômage, il dérégule le droit du travail. Il affaiblit le dialogue social. Il précarise nos retraites. Il abandonne nos soignants. Il délaisse nos enseignants. Il néglige nos jeunes.

La suite d’Écologie démocratie solidarité

Le lancement des Nouveaux démocrates s’inscrit dans la série des tentatives des déçus du macronisme pour s’organiser. On ne s’étonnera pas d’y retrouver, par conséquent, des rescapés du groupe parlementaire Écologie démocratie solidarité (EDS), disparu en octobre dernier après être passé sous la barre fatidique des 15 députés.

C’est le cas d’Aurélien Taché et Émilie Cariou. Mais aussi de Delphine Bagarry, députée des Alpes-de-Haute-Provence et Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres qui sont de l’aventure des Nouveaux démocrates.

Les hésitants n’ont pas hésité

Deux autres transfuges de LaREM les ont rejoints. D‘abord Fiona Lazaar, députée du Val-d’Oise qui avait hésité à rejoindre EDS à son lancement pour rester, en fin de compte, à LaREM. Elle n’en a démissionné qu’il y a quelques jours.

Quant à la seconde députée, Sandrine Josso, députée de la Loire-Atlantique, son parcours est plus erratique. En juin 2019, elle quitte LaREM pour rejoindre le groupe Libertés et territoires. Sur le point de rejoindre le groupe EDS, elle renonce in extremis. En septembre 2020, elle rejoint le Modem qu’elle abandonne finalement pour rejoindre les Nouveaux démocrates, tout en restant, pour l’instant, rattachée au groupe parlementaire Modem.

Tout le monde n’a pas suivi

En revanche, ni Paula Forteza, députée des français de l’étranger (Amérique du sud / Caraïbes), ni Albane Gaillot, députée du Val-de-Marne, ni Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône, pourtant tous trois signataires de l’appel de « Nous demain » n’ont rejoint le nouveau parti.

Les prochaines élections départementales et régionales permettront de vérifier la réalité militante des Nouveaux démocrates. Et, surtout, l’ancrage de cette formation dans l’opposition de gauche plutôt que le marais centriste.