Mic-mac autour des étiquettes politiques pour les municipales

Pour remporter une élection, il suffit, normalement, de rassembler le maximum de suffrages. C’est plutôt simple à comprendre.

Mais avec La République en marche et Christophe Castaner, il est désormais possible de s’affranchir de cette contrainte. C’est le nouveau monde !

C’est ce qu’on découvre dans une circulaire du ministre de l’Intérieur qui affole la classe politique.

De quoi s’agit-il ? Des nuances politiques qui servent à classer les élus au soir des élections.

Jusqu’alors, ces attributions de nuances étaient pratiquées dans les communes qui dépassaient 1 000 habitants.

Changement de seuil

Dans sa circulaire, Christophe Castaner relève ce seuil à 9 000 habitants.

Pas de quoi fouetter un chat, dira-t-on. Eh bien si !

Savez-vous que 96 % des communes françaises ont moins de 9 000 habitants. Et qu’elles représentent un peu plus de la moitié de la population nationale ?

Et, justement, LaREM est très faiblement implantée dans ces territoires.

Du coup, on comprend l’intérêt de la mesure. Moins les résultats des petites communes, sont pris en compte, moins le score national de La République en marche sera mauvais. Car les électeurs macronistes se recrutent surtout dans les centres urbains.

En outre, la circulaire laisse toute latitude aux préfets pour ranger les candidats sous telle ou telle bannière. Au point que la circulaire envisage que ceux-ci puissent se retrouver classés dans une catégorie qui n’est pas celle qu’ils revendiquent.

Comme si cela ne suffisait pas, Christophe Castaner envisage également de comptabiliser à l’avantage de La République en marche les candidats que cette formation soutient, quand bien même ils appartiendraient à un autre parti.

Un recours a été déposé par le groupe LR. Le Conseil d’État l’examinera le 29 janvier. À la clé, il y a ce qu’il reste de la confiance des électeurs dans notre système de représentation.