Nicolas Hulot est en colère, nous aussi!

C’est une saine colère qui s’est emparée de Nicolas Hulot, mercredi 19 avril, dans les studios de RTL. La radio périphérique organisait sa première « journée des solutions » et avait invité pour la circonstance le président de la fondation éponyme.

Interrogé sur l’absence de l’écologie lors des débats de la présidentielle, celui qui avait un temps ambitionné d’être le candidat des écologistes en 2012 (il sera écarté lors de la primaire) a déclaré :

« Je ne le vis même plus comme une tristesse mais comme une énorme colère. J’ai identifié trois candidats qui ont une approche plus exigeante de l’écologie : Benoît Hamon, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Quand je vois que la droite a toujours une forme d’aversion sur un sujet qui conditionne tout le reste, ça me met en colère. Il devrait y avoir une émulation positive et constructive. Entretenir une division politique politicienne au moment où l’humanité est menacée dans ses fondamentaux, moi, ça me met excessivement en colère ».

De fait, à aucun moment, le débat n’aura vraiment porté sur les questions environnementales. Il faut rendre cette justice à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise aura été le seul à tenter d’imposer ce thème. Et pour une bonne raison. Chez lui, la préoccupation écologiste n’est pas un simple volet de son programme. Elle est un pilier de la relance économique et du retour à l’emploi. C’est dans l’économie de la mer et le développement des énergies renouvelables que Jean-Luc Mélenchon entend trouver les centaines de milliers d’emplois nouveaux qu’il promet. D’une contrainte qui s’impose à la société, il a fait un levier.

On peut souscrire ou non à cette analyse. On peut contester les chiffres avancés, les rythmes… Mais elle a le mérite de poser la préoccupation environnementale en moteur du développement, ce qui est historiquement nouveau.

Pour autant, il ne s’est pas trouvé parmi les autres prétendants à la magistrature suprême, un contradicteur pour accepter d’en débattre. Comme s’il s’agissait d’un projet farfelu. Remettre le pays sur ses rails avec des éoliennes et du solaire, vous n’y pensez pas ! La dette, l’Europe, ça, c’est autrement plus sérieux.

Pourtant, la promesse d’une croissance nouvelle méritait qu’on s’y arrête. Et ce, d’autant que personne n’a formulé de meilleure proposition en la matière, hors les éternelles politiques de restriction budgétaire dont les effets continuent de se faire attendre.

C’est vrai, Benoît Hamon a lui aussi évoqué les questions écologiques. Cependant, son approche en est restée au stade de l’habituel catalogue de mesures. Il manquait une dynamique, une cohérence qui aurait permis d’en faire un projet fédérateur.

Le citoyen est également resté sur sa faim avec Emmanuel Macron. La question ne passionne pas outre mesure l’ancien patron de Bercy. À preuve ses doutes sur la possibilité de réduire la part du nucléaire à 50 % en 2025, comme le prévoit la loi sur la transition énergétique. Ou bien le financement du développement des énergies renouvelables renvoyé vers le secteur privé. Mais il en a parlé.

En face, on est droit dans ses bottes. Encouragement de la filière nucléaire, principe de précaution présenté comme un frein à l’innovation, réouverture des recherches sur l’extraction des gaz de schiste, autorisation du glyphosate… Ce n’est pas encore aujourd’hui que la droite sera en première ligne dans la sauvegarde de l’environnement. Et pourtant, il ne manque pas de talents, comme Nathalie Kosciusko-Morizet a su le démontrer en son temps.

Alors on se prend à rêver. À imaginer que Nicolas Hulot, cette fois, ait été candidat. Pas forcément pour être présent au second tour. Mais pour se faire entendre pendant la campagne. Avec pareil témoin, nos prétendants à l’Élysée auraient bien été obligés de s’impliquer. Difficile d’esquiver les thèmes de  ce monument de popularité sauf à se mettre à dos l’électeur.

Mais l’écologiste préféré des Français n’a pas voulu jouer les perturbateurs :

« Quand l’occasion s’est présentée, j’ai été pris de court dans la préparation de cette campagne. Je sortais de trois années consacrées à la préparation de la COP21. Je sentais que cette campagne ne serait pas comme les autres et qu’on ne pouvait pas improviser. Ce n’est pas simplement parce qu’il y a une espérance qui convergeait vers ma candidature qu’il fallait accepter. J’ai mesuré notre degré d’impréparation et je ne me suis pas senti de le faire ».

On le regrette.

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