Présidentielle : à gauche, les candidats se ramassent à la pelle

Montebourg, Hidalgo et Hollande accélèrent leurs préparatifs

En 2016, Arnaud Montebourg briguait déjà l’Élysée en faisant campagne pour une nouvelle France

C’est l’embouteillage à gauche pour la présidentielle. Chaque jour qui passe voit les ambitions de chacun se dévoiler un peu plus.

Ce week-end, l’entourage d’Arnaud Montebourg a lancé un parti politique baptisé L’engagement. Ça tombe bien, c’est le titre éponyme du livre que vient de publier l’apiculteur revenu à la politique.

Le président du nouveau parti, Valentin Przyluski, est un ancien conseiller de Montebourg quand celui – ci était à Bercy. La formation se propose de « « Répondre à l’urgence climatique et l’urgence sociale » et, bien évidemment, de soutenir la candidature de l’ancien ministre de l’Economie.

Au même moment, dans les colonnes du Journal du dimanche, Anne Hidalgo faisait un pas de plus vers la candidature.

Un espace énorme

D’abord en définissant le cahier des charges de la gauche :

« Il y a un espace énorme entre l’extrême gauche et Emmanuel Macron, qui est désormais clairement positionné à droite. Il faut proposer une offre républicaine, sociale, progressiste et bien sûr écologiste. Les partis conservent un rôle important mais ne décident plus de tout. »

De là à envisager que cette offre puisse être incarnée par la maire de Paris, il n’y a qu’un saut de puce. Mais Anne Hidalgo préfère rester dans la suggestion sur la présidentielle :

« Je vous confirme que je prendrai toute ma part. Ma part à la réflexion pour inventer un autre chemin possible, loin des calculs. C’est une question de destin collectif avant d’être une question de personne, ou d’envie. J’y participerai. »

Son entourage est déjà au travail. Dans les prochains jours une plateforme de réflexion, baptisée « Idées en commun » devrait être lancée.

Dans cette aventure naissante, Anne Hidalgo peut compter sur le soutien d’Olivier Faure. Interrogé sur Radio J, Olivier le premier secrétaire du PS la voit déjà à l’Élysée. « Ce serait une excellente présidente, a-t-il lâché au journaliste qui l’interrogeait. »

Choisir le plus tard possible

Il est vrai que la stratégie est la même. Construire une majorité d’idées et renvoyer la désignation du ou de la candidat(e) le plus tard possible.

Olivier Faure a posé la première pierre lors de l’université d’été du PS à Blois en proposant un « printemps de la gauche et de l’écologie ». Il en dessinait ainsi les contours dans Le Parisien du 29 août :

« Une démarche collective ouverte à toutes et à tous, ouverte à l’ensemble du mouvement social, aux intellectuels, aux artistes, aux jeunes… Chaque parti désignera ses chefs de file »

De son côté, la maire de Paris veut tenir, à l’automne prochain, des « Assises de la gauche » qui réuniraient toutes les familles : le, PS, le PCF, les écologistes, Génération. S, les Radicaux de Gauche et même les Insoumis s’ils veulent venir.

Isoler Mélenchon

En réalité, il s’agit surtout d’isoler Jean-Luc Mélenchon et de le reléguer à l’extrême gauche au moment où celui-ci est en tête dans les sondages sur le meilleur présidentiable à gauche. Reste à vérifier que « tout sauf Mélenchon » puisse tenir lieu de programme.

Il est cependant un revenant qui aimerait bien perturber cette montée en puissance des candidatures potentielles : François Hollande. Il ne cesse de multiplier les cartes postales médiatiques. On l’a ainsi vu sur le plateau de l’émission Quotidien la semaine dernière et, bien sûr, à Jarnac pour le 25e anniversaire de la mort de François Mitterrand.

Ce retour, et surtout les piques qui l’agrémentent, a le don d’agacer Olivier Faure. Sur radio J, il n’a pas pris de gants.

« Quiconque connaît les équations de la prochaine présidentielle devrait s’abstenir de tirer en permanence contre son propre camp. Ce n’est pas sur le chaos que peut naître une candidature. »

Et comme si cela ne suffisait pas, le premier secrétaire du PS en a remis une couche.

« Il peut être celui qui, par les compétences qu’il a développées pendant qu’il était président aider la gauche à se reconstruire, mais pas chercher en permanence à l’affaiblir. »

Les couteaux sont désormais tirés.