Climat : L’ONU tire une nouvelle fois le signal d’alarme

Permafrost en Alaska. En dégelant sous l’action du réchauffement climatique, la terre libère d’importantes quantités de méthane©Javier Delgado Esteban

Les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la Terre, a averti jeudi l’ONU, confirmant s’il était encore besoin que le réchauffement climatique n’est pas une vue de l’esprit.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM), agence spécialisée de l’ONU a rapporté que la température moyenne à la surface du globe en 2015 et 2017 dépassait de 1,1°C celle de l’époque préindustrielle. Par époque préindustrielle, on entend la période 1880- 1900 qui sert de référence pour mesurer les variations annuelles de température.

Selon l’ébauche du rapport d’une autre instance de l’ONU, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont le contenu a fuité la semaine passée, la limite la plus ambitieuse fixée par l’Accord de Paris (1,5°C de réchauffement), pourrait être dépassée dès 2040.

Le GIEC se montre très pessimiste quant aux chances d’inverser  la tendance. Il faudrait réduire la demande d’énergie par habitant, développer les énergies renouvelables afin que le solaire et l’éolien soient dominants,  décarboner le secteur électrique d’ici 2050 et arrêter définitivement l’exploitation du charbon.

Ces actions ne seraient toutefois pas suffisantes selon les mêmes experts qui observent dans la conclusion de leur rapport que  « Vu la persistance des gaz dans l’atmosphère, le monde n’a plus devant lui que 12 à 16 ans d’émissions au rythme actuel, s’il veut garder 50% de chances de s’arrêter à ce niveau de température ».

Enfin, le GIEC souligne qu’ il est impératif de réduire les émissions de méthane, gaz à effet de serre autrement plus puissant que le CO2. Ce gaz, libéré par l’exploitation du pétrole et du gaz, est également présent en grande quantités dans le permafrost de l’Arctique – la partie gelée du sol. Or le réchauffement global de la planète a pour conséquence de dégeler ce permafrost, ce qui libère de nouveaux volumes de méthane.

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