Retrait américain de l’Accord de Paris : Coup de poignard ou coup de canif ?

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La bêtise l’a donc emporté. Les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris. Sur le plan symbolique, c’est une catastrophe. Que le deuxième pollueur de la planète s’enferme dans son égoïsme, malgré la pression internationale, est incontestablement une mauvaise nouvelle.

Pour autant, cette décision ne marque certainement pas la fin de la mobilisation contre le réchauffement climatique. D’abord, parce qu’aux États-Unis même, les différents acteurs se mobilisent. Trois États, la Californie, New York et Washington, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se maintiendraient dans le cadre des objectifs fixés par la COP 21. Et d’autres suivront. Trente-trois États se sont engagés depuis deux ans dans une logique de réduction des gaz à effet de serre. Ils ne vont pas se dédire du jour au lendemain, ne serait-ce que pour ne pas mécontenter les électeurs qui, à plus de 60 % sont acquis à l’Accord de Paris.

Les grands groupes américains, eux, sont majoritairement favorables aux énergies renouvelables. Non point par philanthropie, mais parce que tout simplement le secteur se révèle bien plus prometteur en matière de croissance que celui des énergies fossiles.Le capitalisme ne fait pas de sentiment. Charbon, gaz et pétrole de schiste sont à terme des énergies périmées.

À cet égard, la démission d’Elon Musk le fondateur de Tesla et de Robert Iger, le PDG de Walt Disney, du Conseil économique consultatif de Donald Trump, si tôt connue la décision de la Maison Blanche, est révélatrice de cette fracture. Loin d’incarner l’Amérique des entrepreneurs, Trump se pose surtout en défenseur – en prisonnier ? – des lobbies économiques du passé.

Plutôt qu’un coup de poignard, le retrait américain fait figure de coup de canif. Car il ne sera effectif qu’au moment de la prochaine élection présidentielle américaine en 2020. Aux termes de l’accord de Paris, la dénonciation de celui-ci ne peut intervenir que trois ans après son entrée en vigueur (le 4 novembre 2016). Le pays qui veut sortir doit ensuite respecter un préavis d’un an. D’ici là, bien des choses peuvent changer. Trump sera-t-il en mesure de se représenter ? Ou même encore en place ?

Reste la contribution au fond vert de l’ONU. Les États-Unis avaient promis 3 milliards de dollars. Ils n’en ont versé que le premier. On peut douter que l’administration américaine honore cet engagement. Peu importe. Les 143 pays qui ont ratifié l’Accord de Paris devraient pouvoir y suppléer. À commencer par la Chine qui ne serait pas mécontente, à cette occasion, de s’affirmer comme un leader mondial.

 

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