Scission chez les macronistes : 17 députés se mettent au vert

Une partie des 17 députés du nouveau groupe parlementaire Écologie démocratie solidarité devant le Palais Bourbon, mardi 19 mai 2020 ©Horizon durable

Le label écologie est sans doute la chose la mieux partagée par les temps qui courent. Le nouveau groupe parlementaire qui s’est constitué mardi autour de Matthieu Orphelin député du Maine– et-Loire et Paula Forteza, députée des Français de l’étranger ne fait pas exception à la règle. Baptisé Écologie, démocratie, solidarité (EDS), il rassemble 17 députés, pour l’essentiel des déçus du macronisme.

Macronistes déçus

À l’exception de l’ancienne ministre socialiste de l’Écologie, Delphine Batho, tous les autres ont appartenu à un moment ou à un autre à La République en marche. Du candidat dissident à la mairie de Paris, Cédric Villani à Émilie Cariou, ancienne des cabinets ministériels sous François Hollande, en passant par les anciens amis de Dominique Strauss-Kahn, Aurélien Taché ou Guillaume Chiche, ils ont un cru un temps qu’Emmanuel Macron était celui qui allait tout changer. Trois ans plus tard, les voilà en quête d’un positionnement à côté de la majorité présidentielle.

Ni dans la majorité, ni dans l’opposition

Mercredi matin, au micro de Jean-Jacques Bourdin, Matthieu Orphelin a explicité la démarche de son groupe :

« Nous sommes un groupe politique indépendant, ni dans la majorité ni dans l’opposition. À chaque fois qu’il faudra voter ou soutenir des avancées, nous serons là. À chaque fois qu’il faudra dire ‘ça ne va pas dans la bonne direction’ nous serons là. Texte après texte, on regardera. Est-ce que c’est assez ambitieux ? Est-ce que ça va dans la bonne direction ? »

Force d’appoint

Bref, une navigation à vue qui risque de les condamner à n’être qu’une force d’appoint.
Si l’on regarde les votes de ces 17 députés au cours du mois écoulé – où l’on peut supposer qu’ils se sentaient affranchis de toute discipline de parti – on ne peut qu’être conforté dans cette conviction.

Premier vote, il y a 3 semaines, le mardi 28 avril. Il s’agissait pour les députés de se prononcer sur la stratégie de déconfinement d’Édouard Philippe. 11 députés sur les 17 du nouveau groupe ont voté pour.

Deuxième vote, la prorogation de l’état d’urgence sanitaire le 8 mai. À nouveau 11 des 17 députés ont voté pour.

Troisième vote, le 13 mai. Il s’agissait de la loi Avia réprimant la haine sur internet.7 députés se sont abstenus, 4 ont voté pour et 4 contre.

Conclusion, ce groupe a voté deux fois comme les députés de la République en marche et s’est majoritairement réfugié dans l’abstention la troisième fois – à l’instar du groupe socialiste. Rien qui ne bouleverse la donne.

La République en marche perd la majorité absolue

Certes, avec la constitution de ce groupe, le groupe de La république en marche a perdu la majorité absolue d’une voix. Mais, sauf accident, elle est assurée du soutien des 46 députés du Modem.

Le remplacement prochain du député Olivier Gaillard – élu maire de Sauve dans le Gard — par sa suppléante Catherine Roux-Daufès devrait permettre aux Marcheurs de retrouver la majorité absolue (289 sièges). La suppléante en question a en effet indiqué qu’elle entendait bien siéger sur les bancs de la République en marche.

Absents du débat

Reste la question environnementale. Écologie, démocratie et solidarité peut-il faire bouger les choses ? Sur le papier, entre Delphine Batho, présidente de Génération écologie et Matthieu orphelin, ancien porte-parole de Nicolas Hulot, on pourrait le supposer. Pourtant, alors que le groupe parlementaire existe depuis le 19 mai, aucun de ses membres n’a participé le lendemain au débat dans l’hémicycle sur “l’opportunité d’une quatrième révolution industrielle, écologique et numérique”. Il s’y est pourtant échangé des arguments sur les choix économiques et énergétiques à venir. Voilà qui augure mal de la suite.