Vaccination obligatoire : le gouvernement recule

Olivier Véran a annoncé mardi soir que le gouvernement renonçait provisoirement à examiner le projet de loi sur la pérennisation de l’état d’urgence sanitaire. Capture d’écran ©TF1

L’exécutif a le chic, ces dernières semaines, pour brandir des chiffons rouges devant l’opinion. Après la loi de sécurité globale et son fameux article 24 restreignant la liberté de la presse, après la loi sur le séparatisme, voilà qu’il songe à rendre obligatoire, de fait, la vaccination contre le Covid 19.

Présenté lundi en Conseil des ministres, un projet de loi instaurant « un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires » a semé le trouble. Déposé à l’Assemblée le soir-même selon la procédure accélérée, le texte prévoit dans sa section II la disposition suivante :

Le Premier ministre peut, le cas échéant dans le cadre des mesures prévues aux 1° à 5°, subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transport ou à certains lieux, ainsi que l’exercice de certaines activités à la présentation des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif.

Dans certains cas, la vaccination deviendrait donc obligatoire.

Protestations en cascade

Dès le texte rendu public, les protestations sont allées crescendo sur les réseaux sociaux.

« Nous passons de l’absurde au totalitaire » a ainsi twitté Jordan Bardella, député européen et vice-président du Rassemblement National.

Sur le même réseau, Guillaume Peltier, député du Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains s’est interrogé :

D’autres députés, comme Martine Wonner du groupe Libertés et territoires ou Alexis Corbière de la France insoumise se sont également émus de ce projet de loi. Et avec eux des milliers d’internautes .

Castaner prend ses distances

À l’Assemblée, le groupe majoritaire a commencé à tanguer. Au point que son président, Christophe Castaner, a tenu a se démarquer de l’exécutif dans un tweet prenant l’exact contre-pied du projet de loi.

Mardi, en début d’après-midi, le président du groupe de LaRépublique en marche prend ses distances avec le projet de loi de Jean Castex sur la pérennisation de l’état d’urgence.

Olivier Véran jette l’éponge

Le soir même, interrogé sur TF1, le ministre de la Santé, Olivier Véran jette l’éponge :

« La vaccination ne sera pas obligatoire pour prendre les transports en commun ou aller au restaurant » déclare-t-il avant d’annoncer que « le projet de loi sera présenté pour examen seulement dans les prochains mois », voire « après être sorti de la crise ».

S’agit-il d’un ajournement sine die ou bien d’un simple repli tactique ? Tout dépendra du contexte social et sanitaire des mois à venir. Mais il serait surprenant que l’exécutif prenne le risque de braquer l’opinion à quelques mois de l’élection présidentielle.