Vélo électrique : lequel choisir et pour quel usage ?

Vélo électrique lequel choisir Gitane Zumba
Le Gitane Zumba n’est pas sans rappeler le populaire Solex des années 50. A cette différence que lui ne pollue pas ! ©DR

Le vélo à assistance électrique (VAE) a redonné un coup de fouet à l’usage de la petite reine en ville. Nombreux sont celles et ceux qui envisagent maintenant l’acquisition de ce type de bicyclette. Car la promesse est belle. Circuler rapidement, sans polluer et sans se fatiguer. Avec, pour récompense, les bienfaits d’un exercice physique régulier d’intensité modérée.  Seul hic, le ticket d’entrée est un tantinet élevé : un peu plus de 1000 euros. Et le double, voire le triple pour les modèles haut de gamme. Du coup, il convient de réfléchir à l’usage que l’on en fera. Horizon durable a testé deux modèles, en situation au quotidien, et vous livre son avis.

À peine revenue de mon essai de scooters à piles , Serge, le rédacteur en chef, m’annonce : « Maintenant, tu vas essayer les vélos électriques. » J’éclate de rire : « Moi, la Jeannie Longo de la moto, tu me vois sur un vélo ? Plutôt crever (un pneu) ! ». Serge, ça ne l’a pas fait rire. Alors j’ai appelé le magasin Buzibi, spécialiste du vélo électrique, situé dans le XIIIe arrondissement de Paris, et je suis allée essayer les modèles conseillés par mon boss.

Mes derniers souvenirs de vélo dans Paris datent du début des années 1990, quand, étudiante, je traversais la capitale dès l’aube, chargée de livres, de cahiers (nous n’avions pas encore d’ordinateur) et d’espoirs. Je pédalais vers ma destinée. J’y arrivais en nage. Idem pour rentrer. Ah ! La fameuse côte de la rue Saint Jacques en fin d’après-midi… Combien de fois ai-je posé le pied à terre en maudissant les sommets parisiens. Au bout de trois mois, fatiguée d’arriver en sueur à chaque destination, je cherchais de nouveau ma carte Orange (nous n’avions pas encore de pass Navigo) en jurant de ne plus jamais monter sur un vélo.

Vingt-cinq ans plus tard, me voilà de nouveau sur une bicyclette. Ou ce qui y ressemble. Du vélo rouge qui me transportait jusqu’à la fac, il ne reste pas grand-chose. Un cadre, deux roues, un dérailleur et pour le reste, une révolution. Le vélo Lapierre Urban 300 que j’essaye aujourd’hui est équipé d’un moteur Bosch, de freins hydrauliques et de huit vitesses.

Vélo électrique lequel choisir Bosch
Le constructeur Bosch propose un des deux meilleurs moteurs de VAE du marché ©DR

D’autres modèles proposent un Nexus – une boîte de vitesses dans le moyeu remplaçant le dérailleur -, facilitant encore l’usage du vélo. En réalité, ce n’est plus un vélo, c’est une machine ! Sur le guidon, une console indique le niveau de charge de la batterie, le nombre de kilomètres parcourus et le niveau d’assistance demandé (quatre niveaux possibles) : un ordinateur de bord sur un bicloune, je n’avais jamais vu ça.

Vélo électrique lequel choisir
Un ordinateur sur un vélo, c’est presque devenu banal ©DR

Du plaisir en barre

« Avec le moteur central, il faut tout de même pédaler pour que le capteur de pression agisse » m’indique le patron de la maison en me suggérant d’essayer la position Turbo de la console lors des côtes. Je grimpe sur l’engin et je commence à pédaler. Instantanément, l’assistance du vélo se met en marche et rend le voyage doux comme un rêve. La facilité est incroyable. La vitesse de 25 km/h est atteinte très vite. En côte, une sensation psychologique de légèreté accompagne la montée. Le plaisir est immense : celui d’avancer tout en se sentant rajeunir. C’est comme si j’avais trente ans de moins ! Je me sens souple et en pleine forme physique. Et tout cela sans transpirer ! Je suis capable de pédaler jusqu’au bout de la nuit si l’autonomie de la batterie le permet.

Actuellement, elle s’arrête au bout de 40 km. Ne craignez rien cependant : on peut toujours pédaler tout seul pour déplacer les 24 kg de la bicyclette. Il faut ensuite compter 4 heures pour une recharge complète de la pile. Il est également possible de la recharger comme on recharge un téléphone portable, à chaque moment libre. Amovible, la cartouche se branche sur une prise domestique.

Lorsque je retourne au magasin, je suis grisée. Ce vélo, made in France à Dijon par les Cycles Lapierre, m’a séduite. Confortable, sûr (pneus et freinages de qualité), extrêmement facile et plutôt joli, il devrait être prescrit contre la dépression et surtout remboursé par la sécu. Car à 2 099 euros, même avec une prime de 400 euros de la ville de Paris, le prix du plaisir reste élevé.

J’opte donc pour un vélo un peu moins cher lors du deuxième essai : le Gitane Zumba, vendu 1 199 euros. Sur ce modèle, le moteur est situé sur la roue avant. Il suffit d’un léger pédalage pour lancer la machine, comme sur un Solex. Le capteur de rotation fait tourner le moteur, plus aucun effort n’est à faire- il faut quand même continuer à tourner les manivelles. La sensation est assez étrange. Au premier coup de pédale, je suis embarquée par le vélo, comme s’il m’échappait. Je devrais m’y habituer, mais de prime abord, cela me paraît fortement désagréable. La petite console accrochée au guidon permet de changer la puissance de l’assistance. Le voyage s’effectue avec autant de facilité qu’avec son prédécesseur. Aucune côte ne lui résiste et son confort est appréciable. Trop fasse (« trop facile »), comme disent les enfants !

Les vélos sont garantis deux ans. La batterie dure environ cinq ans. Voilà de quoi passer quelques années tranquilles.

Mais du plaisir en solo

« Alors, tu revends ta vieille Triumph et tu te mets au vélo électrique ? » s’enquiert le chef en me voyant de retour à la rédaction. C’est vrai qu’on serait tentée. Avec des engins pareils, rouler à vélo n’est plus une tannée. Plus besoin de prendre le métro puant, ni d’enfiler les équipements de protection spécifiques à la moto (casque, gants, protection dorsale, chaussures montantes…). Enfin, presque.

Vélo électrique lequel choisir Lapierre Urban
Le vélo Lapierre Urban 300 est équipé d’un moteur Bosch, de freins hydrauliques et de huit vitesses ©DR

Oui, le vélo à assistance électrique (VAE) est formidable pour des trajets en solo dans Paris un dimanche matin et dont le terminus est un garage sécurisé. Lorsqu’il s’agit de trajets courts, en dehors des heures de pointe, le VAE s’avère plus qu’un allié, c’est un élégant ami, toujours là pour vous filer un coup de main (aux jambes).

Non, le VAE n’est pas si formidable au quotidien. Il est impossible d’emmener son gamin de sept ans chez le dentiste, contrairement à un deux-roues motorisé possédant une double selle. Quant au garage, mieux vaut prévoir un U (voire deux) de bonne qualité tant les vols de vélos sont légions. À 2000 euros en moyenne le vélo électrique, ces engins sont assez recherchés.

Enfin, la circulation dans la capitale en semaine est infernale. J’ai été klaxonnée par des taxis estimant que je ne roulais pas assez vite ou pas assez sur le côté de la voie réservée. J’ai été frôlée par un bus. J’ai manqué de me faire renverser par une portière de voiture. J’ai failli renverser un piéton sur le couloir des vélos. Et j’ai été trempée par l’averse soudaine, n’ayant pas prévu de vêtements de pluie (mais où les aurais-je mis ?). Enfin, respirer la pollution locale, même sans faire d’efforts, m’a paru difficile. Trop lente pour les voitures, trop rapide pour les piétons, cette aventure cycliste en terre parisienne m’a quelque peu refroidie.

A quand des pistes cyclables dignes de ce nom ?

A vrai dire, ce ne sont pas les vélos qui sont en cause, mais le manque d’infrastructures adaptées qui permettraient de se déplacer, dans les grandes agglomérations, en sécurité et donc sans stress. En ce domaine, rapporté à l’exemple des pays du nord de l’Europe, le retard de la France est considérable.

Vous l’aurez compris, au quotidien, le vélo électrique est un objet fantastique pour tous ceux qui ne sont pas trop éloignés de leurs bureaux ou qui peuvent se déplacer en dehors des heures de pointe.

Pour les autres, travailleurs éloignés de leur employeur, usagers des heures de pointe, parents d’élèves, le scooter, la moto électrique et bien sûr les transports en commun restent encore la meilleure façon de se déplacer dans les métropoles françaises.

Et pour aller plus loin, lisez notre article : 8 choses à savoir sur le vélo électrique (tuto vidéo)

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